LA SURETE PUBLIQUE DE MONACO HISTOIRE ET TRADITION (SITE NON OFFICIEL)
LA SURETE PUBLIQUE DE MONACO HISTOIRE ET TRADITION(SITE NON OFFICIEL)

ACCUEIL

Ce site est dédié aux collectionneurs ou simples amateurs de militaria et d’objets de police, uniformes, insignes et décorations. Les touristes et visiteurs de la principauté, pressés par les guides entre le palais princier, le musée océanographique et le jardin exotique,  qui ont manifesté de la curiosité sur  la tenue des agents de police, rencontrés au passage,  sont invités  aussi à découvrir la salle virtuelle des traditions  de la Police de Monaco. La visite des collections d’insignes et décorations qui ont été accordées au personnel sans oublier la présentation des uniformes, répondra surement aux questions qu’ils n’ont pas osé leur poser sur le bord de la route.

 

Avant d’ouvrir nos vitrines d’exposition et dévoiler nos collections, nous vous invitons à un peu de lecture sur  l’histoire du maintien de l’ordre  et la mise en place de la Sûreté Publique. Vous pouvez télécharger le fichier nommé « il y a longtemps », comportant l’histoire des origines  de la police et du maintien de l’ordre dans la Principauté avant 1902, année de la création de la Direction de la Sureté Publique.

 

TELECHARGER    

 

 

En conclusion de cette première partie téléchargée, nous avions noté que le Directeur de la police, Delalonde en 1901 avait développé un nouvel organigramme. Les commissariats restaient décentralisés dans les quartiers de la ville et occupaient une trentaine d'agents en tenue. Dans le corps des inspecteurs qui auparavant étaient réparti dans les postes sont regroupés en une brigade unique dans le nouvel hôtel du gouvernement installé depuis 1894, sur la place de la Visitation. Le titre d'inspecteur  fait ici sa première apparition, du moins officiellement dans les textes sans pouvoir confirmer s'il s'agit toujours d'agents en civil ou d'une nouvelle classe hiérarchique, intermédiaire entre personnel d'exécution  et celui de commandement. Ce ne sera toutefois pas le titre le plus couramment employé dans le langage populaire des habitants du pays qui lui substitueront plus souvent celui de  "la secrète".

 

Avec cette structure mis en place en ce début du 20ème siècle, comprenant un solide corps urbain, un corps d'inspecteurs de police judiciaire embryonnaire, une antenne de police d'opinion dite "spéciale" balbutiante et un service d'archives qui installe ses rayonnages et classe ses premières fiches, qu'un an plus tard, le 23 juin 1902, le Prince Albert 1° signait une ordonnance transformant la Direction de la Police en " DIRECTION DE LA SURETE PUBLIQUE " établie auprès de l'administration centrale, qui eut pour conséquence de renforcer et de centraliser le pouvoir de police dans la Principauté.

 

Après un an de service,  Delalonde, le premier directeur décède en 1903. Un commissaire Français Louis Thomps le remplace. Militaire et policier, deux fonctions  qui ont caractérisé sa carrière. Officier d’état-major spécialisé du renseignement affecté au deuxième bureau (le service d' espionnage militaire) à état-major des armées pendant 13 ans, puis comme commissaire spécial de police en Haute Marne, Paris et Dunkerque, ponctué d'un retour aux armées toujours au service d'espionnage. Enfin de nouveau commissaire à paris et Orléans, il sera encore détaché chez les militaires à divers reprises pour des missions "spéciales". Telles sont les deux orientations qui ont jalonné la carrière du nouveau directeur avant son arrivée en Principauté.

 

Précédé de la réputation d'homme du renseignement et du secret, Thomps s’occupe en premier lieu à remanier et moderniser le service de la sûreté en civil. Sur l’ensemble des autres services, il  se révélera  comme le premier véritable organisateur de la police monégasque.

 

L’effectif est alors de 87 hommes, gradés et agents confondus. L'organigramme général de la direction se résume à la Direction, assisté d’un commissaire principal attaché auprès  du directeur qui remplace le sous-directeur de police dont le poste a été supprimé. C’est Alexandre Hennequin qui inaugure cette nouvelle fonction.

 

Chacun des commissariats est complété d'un service de sécurité en civil chargé de s’occuper des affaires mineures délictueuses de leur quartier, alors que le service spécial de la sûreté continue de fonctionner à la direction. Celui-ci travaille d' une part sur les mesures de sûreté et de police général sur le chemin de fer et d'autre part à la constatation et la poursuite des délits de droit commun. A la tête se trouve un commissaire spécial aux compétences d’officier  de police judiciaire qui dirige une équipe d'inspecteurs de la brigade de recherche.

Sur la voie publique, les agents en tenue fournissent un travail journalier de 12 heures. Le nouveau directeur met en place un service de nuit en tenue sans augmentation d’effectif. Les agents de police sont répartis dans 2 sections qui travaillent de 8 h à 23 h avec 3 heures d'interruption pour celles-ci. L’autre section travaillait de 8 h à 01h30 avec un arrêt de 6 heures.

 

Sur les postes statiques occupés auparavant par les seuls carabiniers tels que postes de frontières, gare etc. ceux-ci sont relevés par des agents. De plus le directeur établit cinq kiosques d'îlotiers aux endroits les plus fréquentés de la ville.

Soulignons que les missions des carabiniers ne se cantonnent pas seulement à la  garde du palais ou effectuer des services d'honneurs mais comme par le passé, restent une force de réserves de la sûreté publique pour toutes  missions de sécurité publique ou de maintien de l'ordre. En outre la nuit une patrouille mixte agent et carabinier était activée dans les rue du rocher et le jour en poste fixe de surveillance sur la place du casino.

 

L’ensemble du personnel en tenue est placé sous la responsabilité d'un officier de paix, un poste nouvellement créé pour assurer le maintien de la discipline générale, et régler toutes les questions de service, solde et habillement.

 

Le directeur Thomps et tous ceux qui le suivront, restent attentifs à l’actualité de la police parisienne et ses  dernières réalisations. C’est auprès d’elle qu’ils trouveront la documentation la plus récente sur les modes operatoires des voyous ou des materiels d’aide aux opérations de police. Avec un effectif important, des structures sans cesse revues et modernisées, ses services techniques d'avant-garde et ses laboratoires et ateliers d’essai, ce corps de police fut longtemps une référence en matière de sécurité urbaine pour toutes les polices municipales de l'hexagone mais aussi à l'étranger. C'est donc tout naturellement vers la PP que des policiers monégasques feront leurs premiers stages de formation.

 

Après le service de la sûreté, à son initiative, et avec l’aide des spécialistes de la Préfecture de Police détachés à Monaco, Thomps va  développer le service des archives. Un local spécialement aménagé dans l’hôtel du gouvernement lui est affecté. En 1903 Taxi Eugene, secrétaire de police est affecté à ce poste et accèdera au rang de chef de service en 1905.  Des titulaires spécialistes de la police parisienne viendront lui prêter main forte pour procéder aux premiers tris et classement de toute la documentation accumulée les dernières années. Les dossiers seront ainsi rangés suivant la méthode française en trois grands ensembles. Le premier, groupait  tous les dossiers d’enquêtes ou simple affaire judiciaires menées à Monaco. Le deuxième ensemble rassemblait celui des dossiers individuels et les fiches accompagnées des pièces sur toutes les personnes recherchées ou même signalées douteuses. Enfin le dernier comprenait les dossiers collectifs groupés par associations ou grandes familles de malfaiteurs.

 

Le fichier général de références était approvisionné par des renseignements transmis par la police française de Paris et des villes voisines de Nice, Toulon et Marseille,  mais aussi par le service de l’anthropométrie de la sureté, la deuxième réalisation de Thomps.

 

Le chef de la Sûreté, Ducry est envoyé à Paris en 1903 comme stagiaire dans le nouveau service d'identification des détenus qui avait été créé en Juillet 1887 par Bertillon qui sera son professeur.

Ducry Gabriel est arrivé à Monaco en 1897 comme inspecteur principal, attaché à la Direction. Dans le courant de l’année il remplace le commissaire de Monaco-Ville et se fait titularisé dans ce poste. En 1901, toujours commissaire, le Gouverneur général lui donne le titre de Chef de la Sûreté, contrôleur des services extérieurs. C’est la première fois que le titre de chef de la sureté est utilisé pour ce chef de service de la police judiciaire. En 1905, il prendra la nouvelle dénomination de Commissaire spécial de Police sur les chemins de fer, chef de la sureté, chargé du service d’anthropométrie.

                                                                           

L’engouement pour l’anthropométrie, cette nouvelle technique  de police scientifique trouva une grande ferveur chez les policiers. Nous sommes sous le règne du Prince Savant Albert 1° qui s'en intéressera de prés. Le souverain fit d’abord don au  service en 1903 d’un appareil photo. Le secrétaire de police Chaix Théodore attaché à la direction occupera le premier poste de photographe, une nouvelle spécialité professionnelle de police. Le souverain demandera ensuite à un cabinet d'architectes les plans de construction d’un bâtiment destiné à abriter un véritable laboratoire de recherches  scientifiques pour la sûreté Publique. Le projet ne verra pas le jour par manque de crédits. Mais l'affaire nous prouve la volonté et l'empressement de Thomps avec le soutien du souverain à moderniser la Sureté Publique.

 

Le service d'anthropométrique est devenu opérationnel, en 1905. Des cours sur la technique du signalement descriptif, organisés par le chef de la sûreté Ducry complètent la formation des agents et des carabiniers. Le signalement descriptif appelé encore, "Portrait parlé", première application de l’anthropométrie, était un système simple d'identification basé sur la morphologie des individus. Cette technique avait été inventée et mise au point par auguste Bertillon, un commis aux archives de la préfecture de police de Paris, qui s'inquiétait de la difficulté et de l'inefficacité de la police dans la recherche des malfaiteurs récidivistes. Grace à la nouvelle méthode, tous individus appréhendés firent l'objet au vue de leur morphologie, de la description du visage, d'indices caractéristiques à chaque individu, de notations sur des feuilles anthropométriques auquel Bertillon adjoint une photographie où ressortaient tous les détails. Il ne restait plus qu'à classer tous ces éléments dans un fichier archivé.

Ce système s'il donna grande satisfaction sera considérablement simplifié par l'apparition du relevé digital. Un nouveau procédé mis en application par Francis Calton sur les découvertes de chercheurs anglais, le premier en 1855, sir William Herchell et poursuivie par Faulds.

 

Entretemps, la volonté du prince Albert d’améliorer l’administration de la Principauté restait toujours  aussi déterminée avec à l’ordre du jour, la réorganisation de la force publique. Une étude sur la restructuration de ses services avait fait l’objet d’une correspondance du Colonel de Christen de 1902 qui proposait la réunion des carabiniers et la compagnie des gardes en une seule unité de 106 hommes et divers autres remaniement d’ordre social sur la solde, logement, uniforme etc. M. Moch, le chef de cabinet du Prince, destinataire de la correspondance, repris et corrigea l’étude qui sera adopté par le souverain et servira de modèle pour la réorganisation du corps des carabiniers.

 

Le 1 janvier 1904, la compagnie des gardes était dissoute avec seulement trois gardes reclassés chez les carabiniers. Les carabiniers qui retrouvaient l’honneur prestigieux de s’occuper de la garde du Prince prirent le nom de " compagnie des carabiniers du Prince".

 

Une brigade de 10 hommes et un clairon sous les ordres d’un gradé avec 2 sentinelles à tour de rôle, s’occupait chaque jour de la garde. La nuit, et les jours ou le prince Albert était absent, la garde se composait de 4 hommes, un gradé et une sentinelle unique à la porte. La relève journalière de la garde qui aujourd'hui à midi, attire des centaines de touristes sur la place du palais se déroulait à cette époque à 7 heures du matin sans cérémonial.

 

En 1906, dans la police parisienne, ,  l'heure est au dressage des chiens de police et de défense avec à l'étude la mise sur pattes d'unités cynophiles. Dans cette perspective et à titre d'essai, Thomps sollicita auprès du Prince Albert 1° l'achat d'un chien berger qui était déjà la race canine que l'on pensait la mieux adaptée aux missions  de police. Quelques mois plus tard, en septembre 1907, le souverain au cours d'un déplacement dans la capitale française, ne laissa pas passer l'occasion de visiter le chenil de la police parisienne.

 

Le souverain fut accueilli et guidé dans sa visite par le commissaire de police Simard Joseph qui avait la charge à Neuilly du poste de police du quartier de la gare dont les locaux et le terrain attenant abritaient l'école de dressage expérimentale. Quel meilleur guide pouvait espérer  le souverain que ce commissaire qui était le concepteur même de l’unité. Après avoir longtemps étudié ce qui se faisait sur le sujet à l'étranger et visité les premiers chenils européens de Belgique et d’Allemagne, Simard en accord avec le préfet de police Lépine avait créé ce premier élevage de chiens bergers des Pyrénées ou belges et mis au point une méthode de dressage. Avant de regagner la Principauté, le souverain,  impressionné par la démonstration des possibilités de ces chiens de police, commanda quatre chiens dressés au commissaire Simard. L'un d'entre eux fut enrégimenté dans le corps urbain de la Sûreté Publique  sous le nom de Max. Le souverain garda auprès de lui et du Prince héréditaire Louis les trois autres. puisque quelques années plus tard nous retrouverons la trace dans les concours canins de l'un de ses chiens, Athos, un berger dressé aux épreuves de police.

 

Après le départ à la retraite de Thomps, le Prince Albert I nomme Simard Joseph directeur de la Sûreté Publique  qui s’installe à Monaco en janvier 1909. Son arrivée coïncidera étrangement avec l'organisation du 1° concours international de chiens par le président de l'International Sporting- club de Monte-Carlo, et placé sous le haut patronage du Prince Albert 1°.

 

Ce concours avait-il été créé à la seule initiative du directeur de la Sûreté, auréolé du prestige de l'école de dressage parisien comme l'a écrit un journaliste ? Nous ne le pensons pas car ce type de concours était un évènement mondain d’hivernants qui permettait la rencontre entre propriétaires et éleveurs  de chiens de luxe et de compagnie. C'est seulement à l'issue des présentations et évolutions réservées aux seuls chiens de race avec pedigree et après la remise des prix que se déroulaient les démonstrations d’exercices imposés aux chiens de police et de défense.

 

Dans ses nouvelles fonctions de directeur, Simard reprend les dossiers en cours et poursuit la mise en place d’un solide organigramme pour moderniser la sureté publique. Le dossier le plus urgent et sensible qui interpelle la commission communale, gouvernement et la sureté Publique est celui de la Police Municipale.

 

Les dix premières années du vingtième siècle sont pour la Principauté des années décisives au développement d’une  vie publique active. Le recensement de la population en 1909 prit en référence indique un chiffre de 19200 habitants. Cette démographie favorisée surtout par l'installation d'étrangers a forcé le gouvernement à mettre en place une administration qui faisait défaut ou du moins qui n'était plus à la mesure de l'Etat. Les principaux services ont subi des transformations et réajustements qu’il s’agit  des services centralisés au gouvernement, ceux de la municipalité, de la justice ou de la Force Publique.

 

A ces modifications structurelles s'ajoutent la détermination et la pression de nationaux désirant participer plus activement à la vie politique du pays. Leur raison d'espérer, c'est d'abord la municipalité. Avec elle, la commission communale existant depuis le 1 décembre 1856 sollicite auprès du souverain l'élargissement de ses compétences en matière de police. En janvier 1909, le prince nomme une délégation spéciale chargée de discuter des possibilités d'attribuer la police municipale à la commission communale. Le 11 juillet 1909, l'étude réalisée par la délégation servira de base à la loi sur la formation de la police municipale.

 

Le maire de la ville bien que responsable de cette nouvelle unité n'en demeure pas moins soumis à une tutelle de l'autorité centrale déléguée au directeur de la Sûreté Publique. En effet, si les agents et leur chef direct, l'inspecteur de la police Municipale sont officiellement nommés par le maire, les premiers titulaires à ces postes sont détachés de la police d'état. De plus, toutes les consignes d'exécutions transmises par la municipalité à l'inspecteur de la P.M devaient être communiquées au directeur  avant application. Chaque jour, celui-ci était informé par un compte-rendu de leur intervention.

 

En fait ce service placé sous la tutelle de la Sûreté Publique n'avait de police que le nom et constituait plus exactement un service d'inspection. Sur les huit agents détachés,  chacun en ce qui le concerne, sera spécialisés à des prestations particulières. Trois d'entre eux  s'occuperont du contrôle des viandes,, un autre se chargera d'assurer l'exécution des règlements d'hygiène, un cinquième prendra le titre de surveillant des abattoirs alors que les trois dernier sans spécialité particulière veilleront d'une manière générale dans la ville à la stricte application des règlements municipaux.

 

Cependant comme les  agents de la Sûreté, la loi leur donnera la double attribution d'agent de police administratif et de police judiciaire et les placera sous la surveillance du Procureur général.

Version imprimable Version imprimable | Plan du site Recommander ce site Recommander ce site
© histoire et traditions de la sp